Nanako 05

Publié le par Mademoiselle D

Nanako 05-Le départ-2e jour

 

Le reste de la journée s'est déroulé sans autre évènement particulier.
Après avoir rencontré le chat, qui me suit absolument partout, j'ai encore passé quelques instants dans la cale à chercher la supposée poule, qui est étrangement discrète, je dois dire. Aucun bruit, aucuen fiente sur le sol, pas d'odeurs... Les oeufs ne font qu'apparaître.
Malgré les questions que je me pose, j'en ai eu rapidemant assez de chercher et suis partie manger comme si de rien n'était.


14e jour

Je veux partir.

Je fais des cauchemards toutes les nuits, je suis épuisée de me réveiller en sueur sans arrêt. Je ne sais distingue plus la réalité du rêve.
La journée, je reproduis les mêmes gestes sans penser à rien, comme un pantin.
se lever. se laver. manger. nourrir le chat. s'allonger sur le pont. manger. regarder dans le vide. se coucher. dormir. se réveiller en hurlant.
J'en ai assez.
Depuis dix jours, mon apparence est au diapason de mon état: déplorable.
Je suis maigre à faire peur et mes cheveux sont ternes et longs jusqu'à mes genoux. J'ai des cernes horribles et mes yeux se ferment touts seuls à cause de la fatigue.
Je ne peux pas continuer ainsi, j'ai l'impression de tomber dans un trou noir, en espèrant que la chute s'arrête d'une façon ou d'une autre.
Hier, j'ai pris le couteau à poissons et je me suis entaillé le poignet, dans l'espoir que tout cela prenne fin. J'ai vu la blessure se refermer devant mes yeux.
Je ne pourrai jamais passer ma vie cloîtrée sur ce bateau à tourner en rond. J'ai l'impression de devenir folle.
Il faut que je trouve un moyen de le faire démarrer et que je parte. A la recherche de quoi, je n'en sais rien.
Je veux redécouvrir ce que je ne sais plus, rencontrer des gens.
J'ai besoin de contact et de nouveauté. Afin de réapprendre à vivre.

Quelques heures plus tard

L'un des avantages quand on est amnésique, c'est encore de s'étonner chaque jour.
Cela m'a pris dix minutes de faire démarrer le bateau, étant donné que tout était en place. Curieusement, j'ai su immédiatement ce qu'il fallait faire au moment où jai touché la barre.
En revanche, j'ai été très surprise en voyant la taille de l'ancre en fer massif que j'avais remontée toute seule.
Puis j'ai regardé mon corps, et je me suis rendue compte que ma morphologie avait encore changé: j'avais maintenant de grandes mains couvertes de cals. Mes bras étaient très musclés, ainsi que le reste de mon corps. J'avais considérablement grandi et mes cheveux étaient ras.
A ce moment, si je m'étais regardée dans un miroir, j'aurais sursauté d'effroi devant cette nouvelle physionomie que n'importe qui aurait trouvée monstrueuse. Mais je m'en moquais, je trouvais cela bien pratique
Bref. Le bateau avance à l'heure où je parle, et c'est tout ce qui compte. Je finirai bien par atteindre une terre, quelle qu'elle soit. Qu'importe l'endroit où j'atterrirai, je tâcherai d'être heureuse là où je vivrai. Et si malgré les efforts que je fais , je n'y suis pas à l'aise, je m'en irai. Je veux voyager encore et encore pour trouver un endroit où je me sentirai bien.

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